Avocats et gendarmerie prévôtale : échanges sur la justice militaire

1 Oct 2026

Nous avons récemment eu l’occasion, aux côtés de plusieurs confrères, de rencontrer le général Laurent Lesaffre et le colonel Jean-François Feray au Commandement de la gendarmerie prévôtale (CGP). Un après-midi d’échanges particulièrement enrichissant, consacré aux missions de la prévôté, aux réalités rencontrées par les gendarmes prévôtaux sur le terrain et aux spécificités de la justice pénale militaire, notamment lorsque les faits surviennent en opération extérieure.

Cette rencontre a permis de mieux appréhender une institution qui occupe une place singulière au sein de la Gendarmerie nationale. Héritière d’une mission ancienne exercée auprès des armées, la gendarmerie prévôtale accompagne aujourd’hui les forces armées françaises déployées hors du territoire national. Elle intervient notamment dans l’exercice de missions de police judiciaire lorsqu’un militaire est mis en cause ou victime d’une infraction en lien avec le service.

Les gendarmes prévôtaux sont ainsi amenés à conduire des investigations dans des conditions très différentes de celles d’une enquête menée sur le territoire national. Éloignement, contexte opérationnel, contraintes liées au déploiement des forces, chaîne de commandement ou encore relations avec les autorités locales : l’enquête pénale doit composer avec les réalités propres aux missions militaires et aux opérations extérieures (OPEX).

Au-delà de ses attributions judiciaires, la prévôté exerce une mission de conseil et d’appui auprès des forces armées déployées. Cette double proximité avec le monde militaire et l’autorité judiciaire en fait un acteur particulièrement important lorsqu’une affaire pénale prend naissance sur un théâtre d’opérations.

Nos échanges ont précisément permis de confronter les regards sur ces situations particulières : celui des enquêteurs, celui des militaires confrontés aux contraintes du terrain, mais également celui des avocats chargés de la défense des militaires et des gendarmes. Les discussions ont porté sur l’équilibre entre les nécessités de l’enquête, la prise en compte du plaignant et l’exercice effectif des droits de la défense.

Pour l’avocat intervenant dans une procédure concernant un militaire, la connaissance de cet environnement est essentielle. La maîtrise de la procédure pénale doit s’accompagner d’une compréhension concrète du fonctionnement des armées et de la gendarmerie, des conditions d’engagement, de la chaîne hiérarchique et des contraintes susceptibles d’avoir entouré les faits. Ces éléments peuvent être déterminants pour replacer une affaire dans son contexte et assurer une défense pleinement adaptée aux spécificités du dossier.

Cette rencontre avec le Commandement de la gendarmerie prévôtale s’inscrit ainsi directement dans notre pratique professionnelle. Elle permet de mieux comprendre le travail et les contraintes des différents acteurs de la justice militaire, tout en nourrissant une réflexion commune sur les exigences de l’enquête et la place de la défense.

Nous remercions le général Laurent Lesaffre et le colonel Jean-François Feray pour leur accueil, leur disponibilité et la franchise des échanges, ainsi que nos confrères Yves Monerris, à l’initiative de cette rencontre, et Emmanuel Escard de Romanovsky. Ces échanges entre gendarmes et avocats sont précieux pour mieux comprendre les missions et contraintes de chacun et, pour notre part, continuer à assurer une défense rigoureuse des militaires que nous accompagnons.

Crédit illustration : Gendarmerie prévôtale

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